| Les Chambres d'hotes
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Les chambres d’hotesTélécharger ce texte au format PDF (imprimable) Depuis des années que je maintiens cet annuaire sur les chambres d’hôtes, je me suis dis que je pouvais à présent écrire avec mon humble plume sur ce sujet. Voici donc une suite de descriptions et réflexions, sur ce cas particulier d’hébergement : les chambres d’hôtes. 1 – Définition brute d’une chambre d’hôte.A la manière des dissertations telles qu’elles nous ont été enseignées à l’école, rien ne vaut une tentative de définition pour commencer. Nous avons donc le mot « chambre » et le mot « hôte». La chambre est une pièce d’habitation où l’on dort. Il est amusant d’ailleurs d’appliquer les règles de la dissertation à des concepts aussi évidents. L’hôte, lui, à deux sens opposés, ce qui génère
une possible confusion de sens sur le terme de « chambre d’hôte ». Ainsi nous pouvons dégager deux sens à l’expression « chambre
d’hôte » : Je consens que la distinction soit subtile, mais, je me dis que si les premières fois que j’ai entendu cette expression cela m’a fait douter de la définition du mot hôte, étant donné que je ne suis , a priori, ni plus intelligent ni plus idiot qu’un autre, il est probable que ce doute ait touché, et touche encore, un grand nombre de personnes et plus exactement de voyageurs. Par conséquent, les deux expressions sont acceptables, c’est-à-dire : chambre d’hôte et chambres d’hôtes. 2 – Définition étendue d’une chambre d’hôte.De la première définition, nous nous retrouvons face à un concept large : Une pièce pour faire dormir des personnes de passage. Attachons-nous donc, à présent, à définir ce qui va différencier la chambre d’hôte, de la chambre d’hôtel, du gîte, de la chambre d’étudiant etc. Dans toutes les acceptations, les voyageurs s’arrêtent moyennant une rétribution, cet aspect ne pourra donc pas être un critère. Par contre, si nous nous fixons sur la définition étymologique, la chambre d’hôte a la particularité d’être un endroit où dormir lors d’un trajet et non un lieu de résidence de vacances. En d’autres termes, elle est un lieu de passage et non une destination. C’est là une des premières caractéristiques notables des chambres d’hôtes par rapport aux autres types d’hébergements. L’autre aspect important est, rappelons-le, la notion d’hôte au sens de « maître des lieux qui héberge chez lui ». C’est là certainement la substance même de ce type de logement. L’habitation où est reçut le voyageur n’est pas n’importe quelle maison, elle est le lieu de vie du propriétaire et de sa famille. Par conséquent, toutes les pièces d’agréments sont partagées (note : nous sommes toujours dans le cadre d’une définition théorique) avec la famille qui accueille. Les voyageurs mangent avec le maître de maison, dans la même pièce que le reste de la maisonnée. Théoriquement donc, le voyageur intègre la maisonnée le temps d’une nuit. (Maisonnée définissant l’ensemble des habitants d’une même habitation particulière). Nous y voilà : Au sens premier, la chambre d’hôte
est une maison dont le propriétaire a décidé d’accepter
d’héberger les voyageurs de passage dans la région.
En tant qu’hôte, au matin, il accepte, cela va de soi, que
le voyageur petit-déjeune avec lui et sa famille, avant de reprendre
sa route. Mais avec le développement exponentiel du tourisme et plus exactement des gîtes et chambres d’hôtes, la nature de ces dernières a changé. 3- Eventail des chambres d’hôtes aujourd’hui.Avec les développements de ce type d’hébergement, les frontières avec l’hôtellerie sont logiquement devenues plus floues et donc sensibles. Si nous en revenons à nos définitions théoriques, essayons une brève étude de cas extrêmes pour tenter une définition par la négative, pour tenter de faire apparaître les enjeux. Revenons au premier aspect que nous avons dégagé :
un lieu de passage.
Pour ce qui est du deuxième aspect qui est de faire partie de la maisonnée, les questions des cas limites sont :
Voilà donc la limite qui pose problème, celle entre une chambre d’hôte et, non pas un hôtel, mais, disons, une auberge. De la petite cahute au fin fonds de la campagne où le voyageur
trouvera une humble paillasse pleine de petits compagnons taquins mais
tenaces, des sanitaires manuels sous forme de trou et de puit, et petit-déjeunera
avec un couple de la forêt, à l’aube, avant d’aller
couper du bois, alors qu’il fait froid et que la neige tombe à l’horizontale
et cingle les visages (qui a dit que je force le trait ?!) à la
masure provençale, face à la mer azurée, en périphérie
urbaine et vivante, dans une chambre à la couche double et molletonnée,
aux sanitaires agrémentés de fonctions surprenantes, où le
voyageur petit-déjeunera sur une terrasse en pierres de taille
sur une chaise aux lignes adoucies par des années de réflexions
en design, devant un buffet où des jus de fruits improbables
côtoient différentes sortes de cafés le tout
servit par des naïades … (égarement ?!); jusqu’au
manoir du plus pur style français, fort d’une dizaine de
chambres, où le voyageur hésitera, les nuits sombres, à traverser
un couloir, même éclairé, tellement l’histoire
et le passé suintent par chaque latte du parquet ciré,
tellement il serait désagréable d’y croiser un drap
blanc d’outre-tombe, pour au matin petit-déjeuner au milieu
d’une terrasse de fins gravillons râtelés tous les
soirs, prêt à croiser hercule Poirot ou Arsène lupin
au détour d’un buisson ; Car même si le nombre de chambres dit une limite à la courtoisie naturelle possible, même si les labels tentent de séparer ce qui est de ce qui n’est pas, bien des manoirs seraient impossibles à entretenir sans leur transformation en hébergement, bien des voyageurs seront heureux de trouver un hôte sur leur trajet même si le rouleau de papier toilette ressemble étrangement à une innocente fougère, bien des maîtres de maison seront sincèrement heureux de pouvoir partager la qualité de leur accueil même s’il paraît ostentatoire. Aussi, une fois de plus, la question des limites vient du fait de ceux qui ont dépassés ces limites, que ce soit du fait des voyageurs ou des chambrotiers. Et si nous ne sommes pas, ici, en mesure d’identifier précisément ces limites, nous pouvons pour autant lister les cas où elles sont largement dépassées. Amusons-nous un peu et imaginons des cas au-dela de tout : Quand le voyageur demande à être remboursé du
croissant qu’il n’a pas mangé. Quand le maître de maison ne vous a même pas demandé votre
prénom et vous a juste parlé de toutes les améliorations
qu’il allait faire, comment il allait transformer le grenier,
la cave et le pigeonnier en chambre, et surtout, l’investissement
que cela représentait, et qu’au passage, la troisième
cannette de bière était offerte de bon cœur jusqu’au
21 juin. Quand votre chambre est une des 6 suites grand luxe, dont une
est inutilisée (C’est la loi !), aménagée
dans une battisse construite à cet effet, donnant d’un
coté sur la piscine et de l’autre sur un parking, loin
de la maison familiale, avec des tarifs dignes d’un bel hôtel. Quand le voyageur vous demande s’il peut payer par carte
bleue et soupir comme si le maître de maison était un
attardé en entendant le refus. VOS CONTRIBUTIONS ANONYMES SONT BIENVENUES SOUS RESERVE QUE VOUS M’AUTORISIEZ, DE FAIT, A LES REECRIRE ET LES PUBLIER ICI.
Bref, la liste est longue et les anecdotes nombreuses.
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